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Questions éthiques, éléments de réponse, Adam Kiss, 2007

 

Résumé

Nous allons traiter rapidement

[1] Des usages de l’éthique ;

[2] De la relativité du bon et du mauvais au vivant et à sa situation ;

[3] De l’humanitaire, dans l’urgence et la durée ;

[4] De l’intervention sur la situation ;

[5] Du culturel et du transculturel ;

[6] De la neutralité et de l’engagement ; du secret et du témoignage.

 

[1] Dans l’usage fait ici de ces termes, éthique signifiera étude du comportement adapté et morale étude des valeurs sociales selon lesquelles un comportement passe pour bon ou mauvais.

Les Codes de déontologie illustrent la tendance des sous-groupes de se doter de “parapluies” pour protéger l’immunité de leurs membres : la morale religieuse ou les morales déguisées en droit public ou en charte associative procurent des “béquilles” à ceux qui —comme nous tous par moments— ne marchent pas selon un itinéraire voulu ; convertibles en “baïonnettes” contre ceux qui agissent et pensent autrement.

[2] Nous nous efforcerons de nous tenir, après Spinoza qui ne reconnaît aucun bien absolu, au relativisme radical, qu’après Heidegger et Arendt, Zimbardo et d’autres, nous ne cesserons d’oublier, emportés par nos désirs et plus encore par notre laisser-aller à l’influence situationnelle, comme Günter Grass et les braves Américains de Milgram ou le chômeur condamné de la Maquette.

[3-4] Aussi “l’humanitaire” limité à l’urgence ne peut-il servir que de masque. Un engagement professionnel, là peut-être de manière plus pressante qu’ailleurs, exige un suivi du besoin manifesté jusqu’à sa satisfaction par le changement de la situation globale. Il ne suffit pas de distribuer des ratios alimentaires et donner la parole aux réfugiés camp après camp, il s’agit de faire apparaître et de stabiliser une raison de vivre selon des normes qui ressemblent à nos droits fondamentaux..

[5] Dans ce contexte, nous apercevons la problématique interculturelle de deux points de vue : une fois vue sous l’angle de la reconnaissance de l’intérêt de toutes les cultures par leur apport à l’actualisation du potentiel humain, libérés des rapports de force économique et militaire (une danse africaine, un paysage aborigène nous apportent comme Cézanne et Béjart), et une autre fois lorsqu’on nous expliquerait que l’excision, “traditionnelle” au Mali, serait plus respectable que la stérilisation forcée de Suédoises.

[6] Comprendre la relativité du bon et du mauvais au vivant auquel ils se réfèrent n’est pas la neutralité, impossible, à l’expérience vécue.. La neutralité prétendue, sincère ou non, reste suspecte de se ranger du côté du plus fort. Aussi le secret et le signalement, la discrétion et le témoignage médiatique sont-ils forcément inscrits dans la violence de la vie et des vies, pulsion d’emprise ou conatus.

[1] Parapluie, béquille, baïonnette… 


Des usages de l’éthique

En grec, éthos signifie comportement, et donc éthique désignerait la réflexion sur les comportements, “pour trouver le plus adapté”, écrit Vergely (1998). De son côté, morale, issu du latin scolastique moralis, serait ce qui est relatif aux mœurs, la coutume, la science du bien et du mal. 

Comme nous n’essayons pas d’inventorier tous les emplois de ces deux concepts, mais de proposer une réponse à quelques questions éthiques concrètes que l’exercice de son métier peut poser à un psychologue —et plus particulièrement un psychologue en action humanitaire—, nous prendrons des options simplifiées, contestables pour les offrir à la discussion. 

Appelons morale un système de valeurs sociales permettant de juger ; nommons éthique une réflexion personnelle (soit-elle partagée) sur la conduite à choisir. Cela nous inciterait à un recul par rapport à la morale qui nous environne, en nous tenant à un but attribué à notre conduite et qui donnera prise à la critique de notre éthique.

Voici trois dilemmes pratiques parmi ceux que j’ai rencontrés au cours de mes deux dernières missions :

1) Relations HCR - PDM. Nos intérêts contre leurs peurs

Les réfugiés togolais au Ghana se méfient du HCR qu’ils suspectent d’être infiltré par les gouvernements d’Accra et de Lomé. D’un autre côté, c’est le HCR qui seul peut délivrer les titres de réfugié politique qui assurent un statut à ceux qui nous ont appelés. Lors de notre visite pour chercher à accélérer la délivrance de ces titres, la responsable nous propose d’établir un partenariat entre PDM et le HCR qui pourrait nous prêter des bureaux. Que répondre et qu’en dire aux réfugiés ?

2) Relations PDM Algérie - PDM France. Notre point de vue,  leur autonomie

L’initiatrice du projet de l’antenne algérienne de PDM et la présidente de l’association qui nous consulte pour construire un programme d’aide aux femmes kabyles victimes de violences familiales ne respectent pas le délai de présentation du projet pour le partenariat UNICEF. Faut-il que PDM France bâtisse son projet à son rythme et y associe l’antenne algérienne ou vaut-il mieux respecter le tempo de l’antenne algérienne et de l’association kabyle ?

3) L’urgence d’un seul contre l’intérêt du groupe.  Parmi les réfugiés togolais, nous avons rencontré au Ghana un homme malade qui vomissait du sang depuis plus d’un mois. Premier étonnement : ni lui, ni les membres de son groupe n’ont trouvé prioritaire qu’il aille au dispensaire. Je l’y ai amené toutes affaires cessantes et ai payé la consultation suivante et le transport  aller-retour. Mais lui, ni accompagné, ni seul il n’a refait le voyage (en taxi-brousse deux fois une demi-heure). Je l’ai appris quand je venais chercher un représentant du groupe pour aller à la délégation régionale du HCR. Que fallait-il préférer ? 

 

 [2] Éthique : l’utile et sa perception 

Le bon et le mauvais, relatifs au(x) vivant(s)

Spinoza dit que “le bien” et “le mal” n’existent pas en tant qu’absolus, en tant que substances ; que “bon” et “mauvais” sont toujours relatifs à un être vivant qui connote, en le qualifiant, un fait. Il définit le “vrai bien” comme ce que nous savons avec certitude nous être utile, qui produit un réel accroissement de la puissance de vivre et d’agir, c’est-à-dire une joie active. La vertu est la recherche de l’utile propre ; la générosité étant la recherche de l’utilité pour autrui. 

Seulement le choix du vrai bien ne s’impose nullement : nous tenons pour bon ce que nous aimons, au lieu d’aimer ce qui s’est avéré bon pour nous ; de plus, la justice humaine ne gratifie pas forcément le meilleur, le plus utile parmi les justiciables.

 

 [Complément] Souvent la situation l’emporte sur le subjectif

L’image du bon et du mauvais (résistiblement) dominée par le contexte

On s’aperçoit que l’idée du bien relatif, évidente si elle est énoncée et gardée à l’esprit, est ignorée ou oubliée même par les philosophes. Hannah Arendt doit ainsi redécouvrir une partie de cette idée au cours du procès Eichmann (1961-63) et elle fait scandale en parlant, concernant “le spécialiste” (et des commandants nazis) de la “banalité du mal”, tant l’opinion majoritaire préfère voir des êtres par nature monstrueux dans les bourreaux. 

Pratiquement en même temps, dans sa série d’expériences, Milgram (1961-, voir I comme Icare) montre que deux tiers des Américains ordinaires sont prêts à obéir à des ordres qui leur enjoignent d’infliger des chocs électriques de plus en plus forts à une victime innocente qui proteste, jusques et y compris le choc mortel.

Un peu plus tard, Latané et Darley (1968), Zimbardo (1971) et d’autres montrent que la situation, en particulier la norme du groupe pair, déterminent plus souvent la conduite des individus que leur propre intérêt, a fortiori celui d’autres ou leurs spécificités subjectives (structure, caractère).

Par la suite, Meeus et Raaijmakers (1985) précisent que le tort à causer à une victime suscite d’autant moins de résistance qu’il comporte moins d’atteinte corporelle. 

En 2000, j’ai pu confirmer ces résultats, puis commencer à montrer que l’expérience et le souvenir du tort illégitime qu’on a infligé ne modifie pas la tendance dominante à l’obéissance : qu’on n’apprend guère à garder la distance critique par rapport à la situation que l’on vit.

Conclusion : “bon” et “mauvais” ne seraient perceptibles que dans un contexte actuel, une situation contingente qui détermine cette perception et la conduite qu’elle motive plus fortement que la nature de son objet ou l’effet de cette nature même sur celui qui la perçoit. L’attention généreuse à l’utile de l’autre n’attire donc pas forcément la joie en réponse à l’attentif, ne serait-ce que celle de cet autre lui-même. (Il s’est trouvé ainsi des juifs nazis dans les camps et de vrais marxistes-léninistes dans le goulag ou, plus près de nous, des électeurs et des groupes d’électeurs au Togo en 2005 et en France en 2007 qui ne concevaient pas tous l’utile de la même façon…)

 

 [3] Humanitaire, droits et devoirs humains

En humanitaire, le subjectif ne suffit pas

Selon l’usage encore courant, l’action humanitaire dont “le champ privilégié reste la violence politique et sociale” consiste, selon le Petit Robert, à intervenir “pour sauver des vies humaines dans une situation d’urgence (conflit, catastrophe)”. Et, d’après Studyrama.com, le psychologue humanitaire a pour rôle de “faire parler les gens, les aider à exprimer leurs souffrances”. Ces définitions illustrent en même temps qu’elles tendent à justifier le fait que l’humanitarisme passe souvent pour une vague utopie, dangereuse ou ridicule. Remarquons que l’humanitaire ainsi conçu ne comporte aucun engagement précis, a fortiori aucun engagement à tenir ou même à viser un résultat (qu’est-ce qu’une vie sauvée ? que doit faire la parole, l’expression de la souffrance ?). 

Nous opposons à cette conception floue une conception qui définit l’action humanitaire comme toute conduite intentionnelle qui tend à faire bénéficier un être humain de ce à quoi il peut prétendre en vertu de ses droits humains et qu’il est à son tour en devoir de servir chez tous ses semblables. De notre point de vue, le psychologue a pour tâche non seulement d’accompagner les sujets qui demandent ou justifient et acceptent son intervention vers un équilibre psychique et social satisfaisant, mais aussi de veiller à modifier la situation de ces sujets de sorte que cette situation rende possible voire favorise cet équilibre.

De toute évidence, cet engagement général est limité par la situation où le psychologue, un professionnel qui se respecte, intervient ; ce qui rend indispensable qu’il définisse et redéfinisse le projet de son intervention (buts observables, critères de réussite, moyens), le fasse connaître et, autant que faire se peut, en convienne avec les destinataires directs et indirects de son intervention. Les objectifs définis ne disent bien évidemment pas assez de l’utilité de l’action mais permettent du moins d’en rendre compte, de prendre du recul par rapport à l’action. C’est peut-être un des ressorts de la résistance que suscite l’appel à cette clarification continue et reprise de bilan en bilan.

 

[4] L’humanitaire et les idéologies

Pour l’intervention situationnelle

Appelons idéologie tout système d’idées qui nie ses déterminants, sa relativité, sa limitation… et en interdit l’examen critique. Nous apercevrons alors 1° que tout système d’idées peut devenir idéologie et 2° que nous avons tous tendance à trouver que l’idéologie est le système de ceux qui s’opposent —ou plus : ne se rallient pas— à nos idées.

Malgré cela, à l’intérieur des systèmes et entre systèmes différents, théoriquement il n’est pas exclu de convenir d’hypothèses et d’objectifs communs limités et de critères de vérification, respectivement d’évaluation. Nous voyons tout de même les obstacles que rencontre dans la pratique, l’élaboration et la mise en œuvre de tels accords. 

Par définition, sous peine d’être déclaré hérétique et excommunié, le prêtre des religions révélées ne doit pas critiquer la révélation qu’il prêche. Mais la question de l’orthodoxie se pose aussi ailleurs, par exemple en psychologie occidentale ; de plus, il existe des questions qui, à une époque donnée ou en général, ne sont simplement pas abordées. Ainsi, en psychanalyse, Freud a posé la question de l’efficacité clinique de la cure, puis il l’a laissée tomber. Depuis, à l’intérieur des mouvements psychanalytiques la question est écartée. En psychologie behavioriste, Skinner s’est préoccupé de l’effet du contexte social sur les comportements, mais son intérêt ne suscite actuellement pas de recherche clinique.

Pendant et immédiatement après la Seconde guerre mondiale, puis pendant les années 60 et 70, des psychologues ont constaté l’impact de l’environnement social sur le pronostic des troubles psychiques, mais malgré les acquis, cette voie n’est suivie que tout à fait ponctuellement. La dominance de la situation sur la conduite et la subjectivité majoritaire n’est guère abordé et à notre connaissance, jamais opérationnalisée. Si nous définissons le champ de la psychologie humanitaire comme l’étude et le traitement de la situation des sujets collectifs et individuels en vue de leur équilibre avant l’étude et le traitement des groupes et des personnes qui les acceptent ou demandent, à ma connaissance et à mon regret, cette définition est une prise de position de principe, à ce jour sans portée pratique probante.

 

Le droit à la vie, à l’intégrité corporelle, à la sécurité, à la liberté de mouvement donc à l’asile, à un niveau de vie suffisante, à l’éducation, à la liberté d’expression et d’association pacifique… sont quelques-uns parmi les droits humains proclamés dès le 18e siècle. L’insatisfaction des besoins que ces droits cherchent à combler appelle une action humanitaire à long terme et non seulement dans l’urgence. Supposons réunis les moyens matériels et humains pour entreprendre une telle action. Peuvent apparaître alors des divergences de représentations et des valeurs selon lesquelles ces faits doivent être traités.

En principe, il existe une divergence entre approche religieuse et approche scientifique. Les religions révélées se présentent comme détenant une vérité définitive ; les théories scientifiques sont censées rester perfectibles, en quête d’une vérité problématique. Nous savons que dans les faits les choses ne sont pas si simples. Il y a des divergences aussi entre psychologies occidentales, notamment en France. Je résume en simplifiant les positions : les tenants de l’approche dynamique reprochent à ceux de l’approche cognitivo-comportementale que ceux-ci font abstraction de la dimension sociale et culturelle du psychisme humain ; l’approche cognitivo-comportementale reproche accuse les tenants de l’approche dynamique de se refuser à l’évaluation des résultats cliniques de leurs pratiques. Cela me suggère que, dans les deux camps, le désir territorial et identitaire l’emporte sur l’intérêt des patients d’accéder à plus de vérité. Il suffit en effet de préciser l’objectif de l’action humanitaire pour que la priorité soit assurée au résultat visé et que les théories en présence soient référées à l’objectif et non l’inverse.

 

 [5] Les cultures et l’humanitaire

Plus semblables que différents

Si nous combinons les exigences des droits humains et celles de la générosité (veiller à ce qui est utile à autrui), la rencontre interculturelle ne nous mettra pas devant des dilemmes éthiques insolubles. La culture du psychologue occidental pose souvent un problème à celui qui, ayant une autre culture, s’adresse à lui (ou qu’on adresse à lui) lorsque le clinicien entend dominer son interlocuteur au lieu de servir l’utilité de ce dernier, en intégrant son point de vue et celui des siens à sa démarche. Cette prise en compte suppose l’accès à une vraie connaissance de cette culture, soit propre soit celle d’un informateur fiable. (Un psychologue occidental ne sachant pas traduire le langage de la sorcellerie africaine dans un langage qu’il sait manier, peut être tenté de mépriser et rejeter ce qu’il ignore.) Inversément, la culture du consultant pose un problème au clinicien lorsque ses représentants traitent le consultant de façon contraire aux droits humains et à son utilité propre. (Comment construirons-nous l’issue des femmes kabyles de la maltraitance “normale” des hommes ?) Lorsqu’une pratique interculturelle s’installe, le suivi de celle-ci permet d’élaborer des démarches qui rencontrent moins d’obstacles qu’une pratique intra-culturelle analogue. 

 

[6] Éthique, avis et signalement : du secret et de la neutralité

Une échelle, personnalisée, à discuter

Je suis d’abord un être humain, puis un citoyen, ensuite un professionnel, une personne privée enfin. Or, en action humanitaire, il s’agit souvent de droits humains. Si une loi est inhumaine, si un gouvernement, des forces armées prennent des mesures qui le sont, la désobéissance est un devoir supérieur à l’obéissance, la divulgation vaut mieux que le respect du secret. La torture, par exemple, telle que les  grandes démocraties occidentales, mères patries des déclarations, la pratiquent —pendant la guerre d’Algérie hier, à Abu Ghraib aujourd’hui—, doit être dénoncée et de préférence sur la place publique : le devoir de discrétion est de rang inférieur. L’action humanitaire comporte un volet de témoignage, information, communication. À quand le secret levé sur les crimes d’écocide et de meurtres économiques ? Du point de vue éthique cela ne serait pas difficile.

En revanche, je trouve le traitement du problème des crimes individuels commis (meurtres, viols) délicat : le risque de récidive est plus fort après des années de réclusion… et la sanction peut-être pire que l’impunité, par exemple du point de vue de la réparation du tort. Il n’en va évidemment pas de même lorsque des crimes pareils sont en préparation, auquel cas prévenir les victimes quitte à exposer ceux qui s’apprêtent à les attaquer me paraît moindre mal. Mais ce sont des cas d’appréciation incertaine où, pour ma part, quand j’arrive à faire ce que je veux, je préfère consulter plus d’un avis.

 

Ce qui précède peut indiquer que je crois la neutralité affective impossible et même la neutralité intellectuelle improbable et je doute qu’elle serait souvent préférable à un parti pris à discuter. Comment une attitude neutre quant aux valeurs permettrait au psychologue de situer le fort face au faible, de prendre en compte ses propres présupposés théoriques, et de chercher à comprendre ceux de son interlocuteur, de ses mouvements contre-transférentiels ? L’idéal de neutralité me paraît l’automystification du néophyte et la mystification de l’expérimenté, comme beaucoup du discours psychanalytique sur la suggestion. 

La violence naturelle “instinct de vie, de survie, d’autoconservation” comme le rappelle Bergeret après Freud, ne manque pas de ressemblance avec la pulsion d’emprise, délaissée par la psychanalyse —par goût du pouvoir arbitraire caché ?— et fait écho au conatus de Spinoza, cet effort que chaque chose fournit pour persévérer dans l’être. Par nature, elle est en deçà du bien et du mal, car ces derniers ne sont que des perceptions du déjà et encore vivant. Comment ce vivant pourrait-il être neutre alors qu’il préfère ce qui la prolonge ou ce que sa situation lui présente comme propre à le prolonger  ? Ce serait encore plus ardu que de prendre parti éthique, en recul par rapport aux normes du groupe et aux ordres de l’autorité. 

 

BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE

 

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